Une réunion informe. Un atelier produit. S'il ne reste rien de tangible à la fin, ce n'était pas un atelier.
Un atelier collaboratif est une séquence de travail où un groupe produit quelque chose ensemble : un diagnostic, des idées, une décision, un plan. Il se distingue d'une réunion par le fait qu'il a un livrable et un processus conçus à l'avance.
Une réunion informe, coordonne, arbitre au fil de l'eau. Un atelier produit. Si à la fin il n'y a rien de tangible que le groupe puisse regarder, ce n'était pas un atelier. Cette distinction n'est pas un jeu de mots : elle change ce qu'on prépare, la durée qu'on réserve et les personnes qu'on invite.
Tout atelier qui fonctionne comporte quatre temps. Ouvrir : faire exister le groupe, poser le cadre et l'objectif. Explorer : produire de la matière, sans juger. Trier : regrouper, hiérarchiser, éliminer. Décider et ancrer : choisir, nommer qui fait quoi, fixer le prochain rendez-vous.
Sauter l'ouverture fait perdre vingt minutes plus tard. Sauter l'ancrage fait perdre tout l'atelier.
En dessous de quatre, la dynamique de groupe n'existe pas vraiment. Au-delà d'une vingtaine, il faut un deuxième facilitateur. On travaille en sous-groupes de sept, plus ou moins deux : c'est la taille où chacun peut parler sans que la discussion s'appauvrisse.
Une demi-journée est le format le plus courant et le plus honnête : assez pour produire, assez court pour que les gens restent présents. Deux heures suffisent pour un objectif unique et bien cadré. Une journée entière n'a de sens que si l'on alterne réellement les formats et les rythmes.
Il doit être visible pendant l'atelier, pas reconstitué après. C'est pour cela que la facilitation utilise autant de supports muraux : ce que le groupe voit, il peut le manipuler, le contester, le réorganiser. Un compte rendu rédigé trois jours plus tard n'a jamais le même statut.
« Réfléchir ensemble » n'est pas un objectif. On repart avec une impression, pas un résultat.
Ceux qui décident ne sont pas là, ou ceux qui font ne sont pas là. Dans les deux cas, rien ne s'appliquera.
On explore jusqu'à la dernière minute et on décide dans la précipitation, donc mal.
Beaucoup de post-it, aucune suite. Trois semaines plus tard, il n'en reste rien.
la-facilitation.com est édité par Insuffle, cabinet de facilitation stratégique et d'intelligence collective basé à Deauville, en Normandie, et par Insuffle Académie, sa branche formation certifiée Qualiopi. Les contenus sont écrits par Yoan Lureault, facilitateur de terrain depuis 15 ans.
Découvrir Insuffle