Le facilitateur ne donne pas les réponses. Il conçoit et tient le processus qui permet au groupe de trouver les siennes.
Le facilitateur est la personne qui rend un système capable de penser. Il ne dirige pas, il ne conseille pas, il n'anime pas au sens du spectacle : il conçoit un processus et le tient, pour qu'un groupe produise un résultat dont il sera propriétaire.
Avant la session, il cadre : il comprend l'intention réelle du commanditaire, formule les critères de succès, conçoit le déroulé. Pendant, il ouvre l'espace, pose les règles, distribue la parole, relance, reformule, fait remonter les désaccords utiles et amène le groupe à trancher. Après, il restitue et installe le suivi. La partie visible, l'animation, est la plus courte des trois.
Le facilitateur interne appartient à l'organisation. Il en connaît les codes, les personnes et l'histoire, ce qui lui fait gagner un temps considérable en cadrage. Sa difficulté est ailleurs : il lui manque souvent la légitimité pour tenir un cadre face à des profils dominants, parfois face à sa propre hiérarchie. Cette légitimité se construit en amont, avec le commanditaire, pas au milieu de la séance.
Le facilitateur externe arrive sans histoire ni enjeu de carrière. Cette extériorité est son principal atout : il peut poser une question que personne à l'intérieur n'ose formuler. En contrepartie, il doit investir du temps pour comprendre le contexte, et il repart. D'où l'importance de prévoir ce qui reste après lui.
Non. Aucun diplôme ni certification n'est obligatoire pour exercer comme facilitateur en France. Ce qui distingue un bon facilitateur d'un mauvais n'est pas un titre : c'est sa capacité à concevoir un déroulé qui tient, et sa posture quand le groupe résiste.
Savoir questionner, d'abord. Une bonne question n'est pas une réponse déguisée : elle ouvre un espace que personne n'avait exploré. Savoir cadrer, ensuite : poser des règles claires et les tenir, y compris face à celui qui veut aller plus vite. Savoir écouter le système, enfin : entendre ce qui se dit, mais aussi ce qui ne se dit pas, et le nommer sans accuser personne.
L'ordre de grandeur admis est d'un facilitateur pour une vingtaine de personnes. Au-delà, on ajoute des facilitateurs et on travaille en sous-groupes de sept, plus ou moins deux : en dessous de cinq la discussion s'appauvrit, au-delà de neuf certains décrochent.
Ce sont les dix étapes que suit une séquence de facilitation. L'ordre compte plus que la durée de chacune.
la-facilitation.com est édité par Insuffle, cabinet de facilitation stratégique et d'intelligence collective basé à Deauville, en Normandie, et par Insuffle Académie, sa branche formation certifiée Qualiopi. Les contenus sont écrits par Yoan Lureault, facilitateur de terrain depuis 15 ans.
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