La question à se poser avant de choisir
Qui détient la réponse ? Si la réponse existe et qu'il faut la transmettre, c'est de la formation. Si elle existe chez un expert extérieur, c'est du conseil. Si elle est chez une personne et qu'il faut l'aider à la trouver, c'est du coaching. Si elle est distribuée dans un collectif et que personne ne l'a seul, c'est de la facilitation.
Et l'animation ? Elle ne cherche pas de réponse. Elle fait vivre un moment. C'est un métier à part entière, respectable, qui a simplement un autre but.
| Métier | Qui détient la réponse | Ce qu'on obtient |
|---|---|---|
| Formation | Le formateur, elle existe déjà | Des compétences acquises |
| Conseil | L'expert extérieur | Une recommandation |
| Coaching | Une personne, sans le savoir | Un déplacement individuel |
| Facilitation | Le collectif, en morceaux | Une décision que le groupe porte |
| Animation | Personne, ce n'est pas la question | Un moment vécu ensemble |
Chaque métier, et sa frontière avec la facilitation
La frontière la plus floue est avec l'animation : même énergie, mêmes post-it, mais l'un vise un résultat et l'autre une expérience. Avec la formation, la ligne passe par le contenu : le formateur l'apporte, le facilitateur le fait produire.
Avec le coaching, c'est l'échelle qui change : une personne d'un côté, un système de l'autre. Avec le conseil, c'est la propriété de la solution : le consultant signe sa recommandation, le groupe signe sa décision. La médiation, enfin, intervient quand deux parties sont en conflit ouvert et ne peuvent plus travailler ensemble sans un tiers.
Trois erreurs qui coûtent cher
- Demander de la facilitation, attendre de l'animation. On veut « que ce soit vivant ». Mais si aucun livrable n'est attendu, ce n'est pas de la facilitation qu'il faut, c'est un bon animateur, et il coûtera moins cher.
- Demander de la facilitation, attendre du conseil. On espère que le facilitateur va donner la solution. Il ne le fera pas : son travail est de faire émerger celle du groupe. Le directeur repart frustré, le groupe aussi.
- Faciliter là où il faudrait coacher. Quand le blocage est individuel, réunir tout le monde ne le résout pas. Cela peut même l'aggraver, en exposant la personne devant ses pairs.
Le test appliqué à cinq demandes
« On veut une journée fun pour l'équipe avant l'été. » Aucune décision attendue : animation.
« Les managers doivent maîtriser le nouvel entretien annuel. » La réponse existe, il faut la transmettre : formation.
« Faut-il fermer ou regrouper nos deux entrepôts ? » Si la direction veut une analyse chiffrée : conseil. Si elle veut que les équipes des deux sites construisent le scénario : facilitation.
« Notre directrice commerciale n'arrive plus à déléguer. » Le blocage est chez une personne : coaching.
« Le CODIR n'arrive pas à choisir ses trois priorités de l'année. » La réponse est dans la salle, éparpillée entre huit têtes : facilitation. C'est typiquement le rôle d'un séminaire de direction facilité.
Peut-on cumuler les postures
Dans une même journée, oui, à condition de le dire. Un consultant qui facilite une séance annonce quand il quitte son expertise pour tenir le processus, et quand il y revient. « Là, je change de casquette : je vous donne mon avis d'expert pendant cinq minutes, puis je redeviens garant du processus. »
Un manager qui facilite annonce sur quels points il décide et sur lesquels il s'en remet au groupe. Ce qui ne fonctionne pas, c'est le mélange non annoncé : le groupe ne sait plus s'il travaille ou s'il est évalué, et il choisit la prudence.
