Explorer et trancher sont deux activités antagonistes. Toute méthode sérieuse commence par les séparer.
Une méthode de facilitation n'est pas un jeu. C'est une manière d'organiser le temps et la parole pour qu'un groupe passe d'un problème flou à une décision tenable.
Explorer et trancher sont deux activités antagonistes. Quand on les mélange, la première idée émise est aussitôt critiquée, plus personne n'ose en proposer d'autres, et le groupe décide sur un choix unique en croyant avoir arbitré. Toutes les méthodes sérieuses reposent sur cette séparation.
En divergence, on ouvre : on cherche la quantité, on suspend le jugement, on accueille les idées inconfortables. En convergence, on referme : on regroupe, on hiérarchise, on élimine, on choisit. Le facilitateur annonce toujours dans quel temps on se trouve.
La forme la plus simple : une phase d'ouverture, une zone de flou au milieu, une phase de fermeture. Le losange dessine exactement ce que vit le groupe. La zone du milieu est la plus inconfortable, celle où l'on a beaucoup de matière et aucune décision. C'est là que la plupart des réunions s'arrêtent trop tôt.
Deux diamants enchaînés. Le premier porte sur le problème : on explore la situation avant de la reformuler précisément. Le second porte sur la solution : on explore les réponses possibles avant d'en retenir une. L'erreur la plus fréquente en entreprise est de sauter le premier diamant et de chercher des solutions à un problème qu'on n'a jamais pris le temps de définir.
Elle doit être posée avant la divergence, sinon le groupe n'ose pas explorer. Les plus courantes : le consentement (on adopte s'il n'y a pas d'objection argumentée), la majorité pondérée, l'avis consultatif (le groupe éclaire, une personne tranche et l'assume). Aucune n'est meilleure : la pire est celle qu'on n'a pas annoncée.
Un collectif ne tient pas quatre heures dans le même format. On alterne les configurations : seul, à deux, en sous-groupe, en plénière. Cette alternance n'est pas décorative : elle permet à ceux qui pensent lentement d'exister, et empêche les mêmes de parler tout le temps.
Le premier diamant du double diamant sert exactement à cela : reformuler le problème avant de lui chercher des réponses.
« Nos réunions sont trop longues. » C'est un symptôme, pas un problème.
Personne ne sait qui décide. Les réunions s'éternisent parce qu'aucune ne conclut.
On installe un minuteur, on raccourcit les réunions, et le problème reste entier.
la-facilitation.com est édité par Insuffle, cabinet de facilitation stratégique et d'intelligence collective basé à Deauville, en Normandie, et par Insuffle Académie, sa branche formation certifiée Qualiopi. Les contenus sont écrits par Yoan Lureault, facilitateur de terrain depuis 15 ans.
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