Ce qui change vraiment
Un formateur sait où il emmène le groupe. À la fin de la journée, les participants doivent savoir construire un budget, utiliser un logiciel, mener un entretien annuel. Il a un programme, des objectifs pédagogiques, une évaluation.
Un facilitateur ne sait pas où le groupe va arriver. Il sait comment l'aider à y arriver. À la fin de la journée, le groupe doit avoir décidé, priorisé, construit. Si le facilitateur connaissait la réponse à l'avance, ce serait un atelier alibi.
La confusion vient des méthodes. Une bonne formation aujourd'hui fait travailler les participants en sous-groupes, utilise des post-it, fait débattre. Ce n'est pas pour autant de la facilitation : les questions posées ont une bonne réponse, que le formateur connaît.
Le comparatif point par point
| Critère | Formation | Facilitation |
|---|---|---|
| Où est la réponse | Elle existe, le formateur la connaît | Elle est à construire par le groupe |
| Résultat attendu | Une compétence acquise par chaque participant | Une production collective : décision, plan, accord |
| Ce qu'on évalue | Ce que chacun sait faire à la fin | Ce que le groupe a produit et ce qui en est fait |
| Rôle de l'intervenant | Expert du contenu | Garant du processus, neutre sur le contenu |
| Préparation | Programme, supports, exercices | Cadrage avec le sponsor, question-titre, déroulé |
| Financement | Peut relever de la formation professionnelle, avec un organisme certifié | Relève en général d'un budget de fonctionnement ou de conseil |
Là où ça se mélange
La formation-action est la zone de recouvrement la plus riche. Un groupe apprend une méthode en l'appliquant à un vrai sujet de l'entreprise. Le matin, on transmet. L'après-midi, on facilite. L'intervenant doit annoncer le changement de casquette : « Jusqu'ici, je vous ai appris quelque chose. Maintenant, c'est vous qui savez. Je tiens juste le cadre. »
Le retour d'expérience est un autre point de contact : on facilite pour faire émerger les leçons, qui deviennent ensuite matière à former les suivants.
Il arrive aussi qu'un atelier facilité ait besoin d'un apport. Un groupe qui doit choisir un outil informatique sans rien y connaître produira des idées faibles. Dix minutes d'apport d'un expert, clairement séparées du reste, débloquent la suite.
Quand choisir l'un ou l'autre
- Choisissez la formation quand il manque un savoir-faire identifiable, quand la bonne pratique existe et qu'il faut la faire acquérir, quand chacun doit repartir capable de faire seul.
- Choisissez la facilitation quand la question n'a pas de réponse toute faite, quand elle dépend du contexte de votre boîte, quand ceux qui appliqueront la réponse doivent la construire.
- Combinez quand l'équipe doit à la fois apprendre une méthode et l'appliquer à un sujet réel.
Les deux erreurs classiques
Former quand il faut décider. « On va former les managers à la communication » alors que le vrai problème est une décision de réorganisation que personne n'a expliquée. La formation se passe bien. Le problème reste entier.
Faciliter quand il manque une compétence. Un groupe à qui l'on demande d'inventer une stratégie commerciale sans rien savoir du marché ne fera pas émerger de l'intelligence collective. Il fera émerger ses préjugés.
Et pour apprendre à faciliter ?
Là, c'est bien une formation : la facilitation est un savoir-faire qui s'apprend. Insuffle Académie propose « Facilitation et intelligence collective », trois jours et 21 heures, certifiée Qualiopi et finançable par l'OPCO, en inter à Paris ou à Deauville, ou en intra. Une journée sur les fondamentaux existe pour découvrir. Tout est sur la page se former.
