S'installer
Le statut se choisit avec un expert-comptable, pas sur un forum. Micro-entreprise pour tester, société quand l'activité se stabilise, portage salarial pour garder une protection de salarié le temps de démarrer. Chacun a ses contraintes. Aucun ne fait venir de clients.
Ce qui compte plus que le statut : un positionnement. « Facilitateur » tout court ne dit rien à un dirigeant. « Je facilite les séminaires de comités de direction dans l'industrie » ou « j'accompagne les fusions de services dans le secteur public », si. Un positionnement étroit fait peur au début. C'est lui qui fait qu'on pense à vous.
Trouver ses clients
Les premiers clients viennent presque toujours du réseau : anciens collègues, anciens employeurs, gens qui vous ont vu animer. Faites la liste de cinquante personnes qui peuvent vous recommander, et allez leur dire précisément ce que vous faites.
La sous-traitance pour des cabinets est une autre porte. On y gagne moins par jour, on y apprend beaucoup, et on se construit des références.
Le contenu travaille sur la durée. Un article qui décrit une situation que vivent vos clients, une consigne qui marche, une erreur que vous avez faite. Un dirigeant achète plus volontiers à quelqu'un qu'il a l'impression de connaître déjà.
Et les pairs. Un confrère indisponible, un projet trop gros pour un seul : la communauté envoie du travail plus souvent qu'on ne croit.
Le premier rendez-vous
Un dirigeant n'achète pas un atelier. Il achète la résolution d'un problème. Le premier rendez-vous parle donc de son problème, pas de vos outils.
Quatre questions qui font avancer : « Qu'est-ce qui vous amène maintenant ? », « Si ça se passe bien, qu'est-ce qui aura changé dans trois mois ? », « Qu'est-ce qui a déjà été essayé ? », « Qui d'autre doit être convaincu ? ». Le devis s'écrit avec les réponses. Voir cadrer avec le commanditaire.
Fixer son prix
Les ordres de grandeur du marché : un facilitateur professionnel facture en général 2 500 à 5 000 € par jour, conception et suivi compris. Un animateur de team building, plutôt 800 à 2 000 €. Le détail est sur la page prix d'un facilitateur.
L'erreur classique du démarrage : chiffrer le jour J seul. Une journée de séminaire, c'est aussi le cadrage, les entretiens, la conception, le compte rendu. Si vous facturez une journée comme si elle ne durait qu'une journée, vous avez en réalité divisé votre tarif par deux ou trois.
Présentez un prix global pour un résultat, avec le détail de ce qu'il comprend. Le client voit ce qu'il paie. Vous ne découvrez pas en route du travail non facturé.
| Poste du devis | Ce que ça couvre |
|---|---|
| Cadrage | Une à deux réunions avec le commanditaire |
| Entretiens | Échanges individuels avec des participants |
| Conception | Déroulé minuté, consignes, supports |
| Animation | Le jour J, installation de la salle comprise |
| Compte rendu | Synthèse envoyée sous 48 heures |
| Suivi | Un ou deux points dans les semaines qui suivent |
Tenir la durée
Le métier est irrégulier. Des mois pleins, des mois creux, souvent aux mêmes périodes : les boîtes organisent leurs séminaires avant l'été et à la rentrée. Anticipez la trésorerie.
Gardez du temps chaque semaine pour la prospection, même quand l'agenda déborde. Les mois creux sont presque toujours la suite de mois pleins où l'on n'a rien semé.
Continuez à vous former et à vous faire superviser. Un indépendant n'a plus de collègue pour lui dire « ton atelier de mardi, c'était moyen ». Ce regard, il faut aller le chercher.
