On ne devient pas facilitateur par un diplôme. On le devient en pratiquant, en se trompant, en recommençant, et en apprenant à tenir un groupe sans prendre sa place. Il n'existe pas de voie unique : la plupart de ceux qui exercent sont arrivés d'ailleurs.
D'où viennent les facilitateurs
Du management, souvent : des managers qui ont compris que leur équipe en savait plus qu'eux et qui ont cherché comment le faire émerger. De la formation, du coaching, du conseil, des ressources humaines. De la conduite de projet. Et de métiers inattendus, l'enseignement, le théâtre, le travail social. Ce qui les rassemble n'est pas un parcours, c'est un goût : celui de voir un groupe trouver ce qu'aucun de ses membres n'avait seul.
Ce que le métier demande vraiment
Une posture : renoncer à avoir raison sur le contenu, tout en étant ferme sur le processus. C'est le plus difficile, et ça ne s'apprend pas dans un livre. Une capacité d'observation : voir ce qui se passe au-delà de ce qui se dit. Un sens de la conception : la moitié du travail se fait avant la session. Et une solidité : tenir le silence, le conflit, le participant qui résiste, sans se raidir ni lâcher.
Se former
Une formation courte donne les bases : la posture, le cadre, quelques outils. Une formation de plusieurs jours, avec des mises en situation et une évaluation sur un atelier réel, fait passer de l'improvisation au métier. Ce qui compte n'est pas la durée mais la part de pratique : on apprend à faciliter en facilitant, avec un retour sur ce qu'on a fait. Voir se former.
Commencer à pratiquer
Pas par un séminaire de direction. Par des sessions courtes, à faible enjeu, dans un cadre bienveillant : une réunion d'équipe, un atelier interne, une association. Avec un binôme si possible, quelqu'un qui observe et fait un retour. Puis des enjeux un peu plus élevés. Les communautés de facilitateurs sont précieuses à ce stade : on y échange des outils, des situations, des erreurs.
En vivre
Deux voies. Facilitateur interne, dans une organisation, souvent en plus d'un autre rôle. Ou facilitateur externe, indépendant ou en cabinet, qui vit de ses interventions. Les deux métiers se ressemblent moins qu'on croit : voir interne ou externe. Pour l'externe, le chemin vers une activité régulière prend en général plusieurs années.
Quatre étapes
Découvrir
Une journée pour comprendre la posture et essayer quelques outils. Savoir si le métier est pour vous.
Se former
Plusieurs jours de pratique, avec un retour sur ce qu'on fait et une évaluation sur un atelier réel.
Pratiquer
Des sessions à faible enjeu, en binôme, puis des enjeux croissants.
Choisir sa voie
Interne ou externe, généraliste ou spécialisé. Et continuer à apprendre, dans une communauté.
Vos questions
Ce qu'on nous demande sur ce sujet, et ce qu'on répond.
Comment devenir facilitateur ?
En se formant avec une large part de pratique, puis en pratiquant sur des sessions à faible enjeu, en binôme si possible, avant de monter en enjeux. Il n'y a pas de diplôme obligatoire ; la plupart des facilitateurs viennent du management, de la formation, du coaching, du conseil ou des RH.
Quelles qualités faut-il pour être facilitateur ?
Une posture qui renonce à avoir raison sur le contenu tout en étant ferme sur le processus, une capacité d'observation, un sens de la conception, et la solidité de tenir le silence et le conflit.
Faut-il un diplôme pour être facilitateur ?
Non. Le métier n'est pas réglementé. Une formation sérieuse, centrée sur la pratique, et de l'expérience comptent davantage qu'un titre.
