Ce que vous vivez
Vous posez une question, et ce sont les trois mêmes qui répondent. Toujours dans le même ordre. Les autres hochent la tête, regardent leur écran ou attendent la fin. Vous savez que certains ont des choses à dire : vous les entendez à la machine à café, après.
Vous avez essayé le tour de table. Ça a donné des « rien à ajouter » et des « je suis d'accord avec ce qui a été dit ».
Ce qui se passe vraiment
Ce n'est presque jamais de la mauvaise volonté, ni chez ceux qui parlent ni chez ceux qui se taisent. C'est la structure : une question posée à tout le monde, en plénière, favorise mécaniquement les plus rapides, les plus assurés et les plus gradés. Les autres pensent plus lentement, ou n'osent pas contredire ce qui vient d'être dit, et une fois que trois avis sont posés, ils s'y alignent.
Le tour de table ne change rien : il donne la parole à chacun, mais après ceux qui ont déjà cadré la discussion.
Ce qu'on fait, concrètement
Pas tous en même temps. Commencez par celui qui vous paraît le plus simple.
Faire écrire avant de parler. Une ou deux minutes de silence, chacun note ses idées. C'est le geste qui change le plus, et le plus simple. C'est le principe du brainwriting.
Passer par les binômes. Le 1-2-4-Tous : seul, à deux, à quatre, tous. En douze minutes, tout le monde a parlé.
Changer l'ordre de parole. Le plus gradé parle en dernier. Demandez-le lui avant, il comprend presque toujours.
Voter à l'aveugle. Sur papier ou en ligne, avant de montrer les résultats. Les avis ne s'influencent plus.
Parler aux bavards avant. Pas pour les faire taire : pour leur demander d'aider à faire parler les autres. Ils deviennent souvent vos meilleurs alliés.
Prévenir, la prochaine fois
Le tour d'inclusion, en début de session, fait parler chacun dans les cinq premières minutes. Une personne qui a déjà parlé une fois reparle plus facilement. Et un cadre qui dit « chacun a quelque chose à apporter » change les attentes.
Quand se faire aider
Ces gestes s'apprennent vite, mais ils demandent de la pratique pour devenir des réflexes. C'est le cœur de la formation à la facilitation : on les pratique en situation, sur des groupes réels, jusqu'à ce qu'ils ne demandent plus d'effort.
Vos questions
Ce qu'on nous demande sur ce sujet, et ce qu'on répond.
Comment faire participer tout le monde en réunion ?
En changeant la structure plutôt qu'en sollicitant les gens : faire écrire avant de parler, passer par des binômes, faire parler le plus gradé en dernier, voter à l'aveugle. Le 1-2-4-Tous fait parler tout le monde en douze minutes.
Pourquoi le tour de table ne marche-t-il pas ?
Parce qu'il donne la parole à chacun après ceux qui ont déjà cadré la discussion. Les derniers s'alignent sur ce qui a été dit. Faire écrire chacun avant le tour change tout.
