Le tour d'inclusion, ou check-in, est le premier temps d'une session : chacun dit quelques mots, à tour de rôle, avant qu'on commence à travailler. Ce n'est pas une politesse. C'est le moment où chacun entre vraiment dans la salle, et où le facilitateur apprend dans quel état est le groupe.
D'où ça vient
C'est une pratique ancienne des cercles de parole, reprise par la plupart des approches de facilitation et de gouvernance partagée. Son principe : une personne qui n'a pas parlé dans les dix premières minutes d'une réunion a de fortes chances de ne pas parler du tout.
Quand l'utiliser
Au début de toute session où la participation compte. Surtout quand les participants arrivent d'ailleurs, d'une autre réunion, d'un trajet, d'une crise, et ont la tête ailleurs. Et quand le groupe se connaît mal, ou trop bien. Jusqu'à une quinzaine de personnes en plénière, en sous-groupes au-delà.
Quand ne pas l'utiliser
Quand il devient un rituel vide, la même question à chaque réunion hebdomadaire, répondue par réflexe. Et en grand groupe en plénière : cinquante personnes qui disent chacune une phrase, c'est vingt-cinq minutes perdues. Faites-le par tables.
Le déroulé
Les durées sont indicatives. C'est le groupe qui décide du rythme, pas le chronomètre.
Choisir la question. Courte, et liée à la session. « Qu'est-ce qui vous occupe l'esprit en arrivant ? » « Qu'est-ce que vous aimeriez emporter de cette journée ? » « Un mot pour dire dans quel état vous arrivez. »
Donner la règle. Une ou deux phrases chacun, pas de réponse, pas de commentaire. On a le droit de passer et de revenir à la fin du tour.
Commencer soi-même. Le facilitateur répond en premier, brièvement et sincèrement. Il donne le ton et la longueur attendue.
Faire le tour. Dans l'ordre du cercle, pas au volontariat, pour que personne n'attende d'être le dernier. Le facilitateur écoute : ce qui se dit là changera peut-être son déroulé.
Remercier, et commencer. Pas de synthèse, pas de commentaire sur chaque réponse. Un merci, et le travail commence.
Les pièges
La question gadget. « Si vous étiez un animal, lequel ? » amuse une fois et agace ensuite. La question doit servir la session.
Le tour interminable. Un participant qui raconte sa semaine en cinq minutes. Rappelez la règle avant, et tenez-la avec bienveillance pendant.
Ne pas entendre. Si quelqu'un dit qu'il arrive épuisé ou en colère, et que rien ne change dans la façon de conduire la session, le tour a été un rituel. Il doit informer le facilitateur.
Variantes
Le tour d'inclusion en un mot, pour aller vite. Le tour par binômes, en grand groupe. Et son symétrique, le tour de clôture, ou check-out, en fin de session : « Qu'est-ce que vous emportez ? » Il est aussi important que le premier, et plus souvent oublié.
Vos questions
Ce qu'on nous demande sur ce sujet, et ce qu'on répond.
Qu'est-ce qu'un tour d'inclusion ?
Le premier temps d'une session, où chacun dit quelques mots à tour de rôle avant de travailler. Il fait entrer chacun dans la salle, donne à tous l'occasion de parler tôt, et informe le facilitateur de l'état du groupe.
Quelle question poser pour un tour d'inclusion ?
Une question courte et liée à la session : ce qui vous occupe l'esprit en arrivant, ce que vous aimeriez emporter, un mot pour dire votre état. Évitez les questions gadget, qui amusent une fois et agacent ensuite.
Faut-il faire un tour d'inclusion à chaque réunion ?
Pas s'il devient un rituel vide. Changez la question, adaptez-le à l'enjeu, et en grand groupe faites-le par tables plutôt qu'en plénière.
