Ce que vous vivez
Vous posez la question. Silence. Vous la reformulez. Silence, un peu plus lourd. Quelqu'un finit par dire quelque chose de très général pour sauver la situation. Les post-it restent vides ou se remplissent de banalités. Vous sentez que le groupe attend que ça se termine.
Et vous commencez à parler davantage pour combler, ce qui les fait parler encore moins.
Ce qui se passe vraiment
Un groupe qui ne participe pas a presque toujours une bonne raison. Il ne sait pas pourquoi il est là. Il ne croit pas que ce qu'il dira servira. Il a peur de ce que dira le chef. Il est épuisé. Ou la question ne le concerne pas. Le silence n'est pas un défaut du groupe : c'est une information sur les conditions dans lesquelles on lui demande de travailler.
Le réflexe de parler pour combler aggrave tout : plus le facilitateur parle, plus le groupe se met en position d'écoute.
Ce qu'on fait, concrètement
Pas tous en même temps. Commencez par celui qui vous paraît le plus simple.
Nommer le silence. « Il y a un silence. Qu'est-ce qu'il dit ? » Sans reproche. C'est souvent la première vraie parole de la session.
Faire écrire d'abord. Deux minutes seul, sur papier. Il est plus facile d'écrire que de parler devant un groupe.
Réduire la taille. Des binômes, puis des groupes de quatre. On parle à une personne avant de parler à vingt.
Changer la question. Si elle ne concerne personne, elle ne fera parler personne. Une question plus proche du vécu : « qu'est-ce qui vous a le plus gêné cette semaine sur ce sujet ? »
Dire à quoi ça va servir. Qui décide, ce que deviendra ce qui est dit. Sans cette réponse, le silence est rationnel.
Prévenir, la prochaine fois
Le silence se prépare en amont : une invitation qui dit pourquoi on se réunit et ce qui sera fait du travail, un tour d'inclusion qui fait parler chacun dès le début, un cadre qui dit ce qui est permis. Et une question testée avant sur deux ou trois personnes.
Quand se faire aider
Quand le silence vient d'une défiance profonde envers la direction, aucune technique d'animation ne suffira. C'est un signal sur l'organisation, et il se traite avec la direction, pas avec le groupe. Le cabinet Insuffle intervient précisément dans ces situations.
Vos questions
Ce qu'on nous demande sur ce sujet, et ce qu'on répond.
Que faire quand personne ne participe à un atelier ?
Nommer le silence sans reproche, faire écrire avant de parler, passer par des binômes, changer la question pour qu'elle touche le vécu, et dire clairement à quoi servira ce qui est dit. Et surtout, ne pas combler en parlant davantage.
Pourquoi un groupe reste-t-il silencieux ?
Parce qu'il ne sait pas pourquoi il est là, ne croit pas que ce qu'il dira servira, craint la réaction de la hiérarchie, est épuisé, ou que la question ne le concerne pas. Le silence est une information sur les conditions de travail.
