À quoi ça sert
En réunion, on écoute pour répondre. On prépare son argument pendant que l'autre parle. Le cercle casse ce réflexe : puisque personne ne répond, il n'y a rien à préparer. Il ne reste qu'à écouter.
Il sert quand le groupe a besoin de s'entendre plus que de décider. Après un événement difficile. Au début d'un séminaire, pour que chacun dise où il en est. Pour aborder un sujet sensible. Pour qu'une équipe lassée d'elle-même se reparle autrement. Il donne aussi la même place aux discrets qu'aux bavards, sans que vous ayez à couper qui que ce soit.
D'où ça vient
L'objet de parole renvoie au bâton de parole de peuples autochtones d'Amérique du Nord. La pratique contemporaine du cercle s'est diffusée dans le monde de la facilitation, notamment par le courant de l'Art of Hosting. Christina Baldwin et Ann Linnea en ont décrit une forme adaptée aux organisations.
Les règles à poser
Posez-les à voix haute avant le premier tour, et affichez-les. Quatre suffisent :
- Celui qui tient l'objet parle. Les autres écoutent, sans commenter ni soupirer.
- On parle en « je ». De son expérience, pas au nom de l'équipe.
- On peut passer. Tenir l'objet en silence quelques secondes puis le transmettre, c'est une réponse.
- Ce qui se dit ici reste ici. Ce qu'on apprend peut sortir. Qui a dit quoi, non.
Ajoutez une indication de durée si le groupe est grand : « deux minutes environ chacun ». Sinon le premier donne le ton, et s'il parle huit minutes, tout le monde suivra.
Quand l'utiliser, quand l'éviter
Utilisez-le en ouverture, comme un tour d'inclusion approfondi, en clôture, ou au cœur d'une séance quand une tension doit être entendue avant d'être traitée. Il marche de six à vingt personnes. Au-delà, un tour complet dépasse l'heure : faites plusieurs cercles.
Évitez-le pour produire des idées ou décider, il n'est pas fait pour ça. Méfiez-vous aussi d'un groupe qui vit le cercle comme une intrusion. Un CODIR qu'on fait asseoir en rond sans explication peut y voir un stage de développement personnel. Dites pourquoi vous le faites, en une phrase, et donnez le droit de passer.
La question qui fait tout
Une question de cercle invite à parler de soi, pas à analyser la situation. Elle est ouverte, courte, et on peut y répondre sans être expert.
- « Qu'est-ce qui vous occupe l'esprit en arrivant ce matin, et que vous aimeriez poser ici ? »
- « Depuis la réorganisation, qu'est-ce qui a changé pour vous, concrètement, dans votre semaine ? »
- « Qu'est-ce que vous emportez de ces deux jours, et qu'est-ce que vous laissez ici ? »
Choisissez un objet qui a un peu de poids en main : une pierre, un morceau de bois, une tasse. Un stylo marche mal. On le fait tourner entre les doigts et il devient un jouet.
Avec quoi le combiner
Le cercle prépare le terrain. Après un cercle sur une tension, passez à un travail structuré, par exemple un bocal pour que deux points de vue s'expriment devant tous. Pour accueillir ce qui peut monter pendant le tour, lisez la fiche sur l'émotion en séance.