La facilitation graphique consiste à dessiner, en direct et en grand, ce que dit un groupe : les idées, les liens, les tensions, les décisions. Le mur devient la mémoire commune de la session. Ce n'est pas de la décoration : c'est une façon de rendre la pensée d'un groupe visible, donc discutable.
D'où ça vient
Elle s'est développée à partir des années 1970 dans le monde de la facilitation et de la conception, avec des praticiens qui ont montré qu'un groupe réfléchit mieux quand il voit ce qu'il dit. Le sketchnote, prise de notes visuelle individuelle, en est un cousin plus récent et plus personnel.
Quand l'utiliser
Pour les sessions longues, séminaires, forums, où la matière produite est abondante et où il faut une mémoire. Pour faire voir à un groupe sa propre pensée et la corriger en direct. Pour un compte rendu que les gens regardent, au lieu d'un document qu'ils ne lisent pas. Avec des groupes de toutes tailles.
Quand ne pas l'utiliser
Quand elle remplace la facilitation au lieu de la servir : un beau dessin d'une réunion qui n'a rien décidé reste une réunion qui n'a rien décidé. Et quand le facilitateur dessine en même temps qu'il anime un groupe difficile : les deux rôles se gênent.
Le déroulé
Les durées sont indicatives. C'est le groupe qui décide du rythme, pas le chronomètre.
Préparer le support. Un grand mur de papier, des feutres épais de quelques couleurs. Une structure légère tracée avant : le titre, les grandes zones, le fil de la journée.
Écouter, puis dessiner. On ne dessine pas tout. On capte l'essentiel : les mots qui reviennent, les images que le groupe emploie, les tensions, les décisions. Un pictogramme simple, un mot, une flèche.
Rendre visible au groupe. Régulièrement, on s'arrête devant le mur : est-ce bien ce qu'on a dit ? Le groupe corrige, complète. C'est là que le dessin devient un outil.
Clore avec le mur. En fin de session, le mur sert de synthèse. On le photographie, et il devient le compte rendu, souvent plus lu que tous les autres.
Les pièges
Le dessin pour le dessin. Le perfectionnisme ralentit et éloigne du groupe. Des bonshommes bâtons et des mots bien choisis valent mieux qu'une illustration soignée en retard sur la discussion.
Interpréter au lieu de restituer. Le dessinateur met sa lecture dans le dessin. Faites valider par le groupe.
Le mur qu'on oublie. Un beau mur photographié et rangé dans un dossier n'a servi qu'une journée. Prévoyez où il vivra ensuite.
Variantes
Le facilitateur graphique en binôme avec le facilitateur, chacun son rôle, pour les grands événements. Le sketchnote individuel, que chaque participant apprend à faire pour ses propres notes. Et le gabarit graphique préparé à l'avance, que le groupe remplit lui-même.
Vos questions
Ce qu'on nous demande sur ce sujet, et ce qu'on répond.
Qu'est-ce que la facilitation graphique ?
Le fait de dessiner en direct et en grand ce que dit un groupe, idées, liens, tensions, décisions, pour rendre sa pensée visible et discutable. Le mur devient la mémoire commune de la session.
Quelle différence entre facilitation graphique et sketchnote ?
La facilitation graphique se fait en grand, pour et avec un groupe, pendant une session. Le sketchnote est une prise de notes visuelle individuelle, pour soi. Les deux utilisent les mêmes bases de dessin.
Faut-il savoir dessiner ?
Non. Des bonshommes bâtons, des pictogrammes simples et des mots bien choisis suffisent. Ce qui compte est d'écouter et de capter l'essentiel, pas de faire joli.
