Dans le bocal, ou fishbowl, quelques personnes discutent au centre de la salle pendant que les autres, en cercle autour, écoutent. Une chaise reste libre : qui veut entrer dans la conversation s'y assoit, et quelqu'un du centre sort. C'est un format qui rend une discussion visible à tout un groupe.
D'où ça vient
C'est un format ancien et largement répandu, utilisé en éducation, en médiation et en facilitation, sans inventeur unique. Sa force est de combiner l'écoute d'un grand groupe et la qualité d'une conversation à cinq.
Quand l'utiliser
Quand un débat concerne tout le monde mais ne peut pas avoir lieu à cinquante. Quand il faut rendre visible une discussion entre des positions différentes, par exemple deux services qui ne se comprennent pas. Pour faire suivre à un grand groupe une conversation d'experts ou de décideurs, en lui permettant d'y entrer. De vingt à une centaine de personnes.
Quand ne pas l'utiliser
Quand l'objectif est que tout le monde parle : dans un bocal, la majorité écoute. Et quand le sujet est trop sensible pour être discuté devant un public : les gens au centre parleront pour la galerie.
Le déroulé
Les durées sont indicatives. C'est le groupe qui décide du rythme, pas le chronomètre.
Installer deux cercles. Quatre à six chaises au centre, dont une vide. Les autres en cercle autour, assez près pour tout entendre.
Lancer la conversation. Le facilitateur pose la question et désigne ou invite les premiers occupants du centre. Il peut rester en dehors, ou tenir une place au centre sans prendre parti.
La chaise vide. Qui veut intervenir va s'y asseoir. Quand elle est occupée, une des personnes du centre sort et rejoint le cercle extérieur. La conversation se renouvelle d'elle-même.
Tenir le rythme. Vingt à quarante minutes. Le facilitateur veille à ce que la chaise ne reste pas vide trop longtemps et que personne ne s'installe au centre pour toute la séance.
Débriefer avec tous. Ce que le cercle extérieur a entendu, ce qui l'a frappé, ce qui manquait. C'est souvent là que sortent les idées les plus intéressantes.
Les pièges
Le centre qui ne tourne pas. Si les mêmes restent au centre, le bocal devient une table ronde avec public. Rappelez la règle de la chaise vide, et au besoin fixez un temps maximal au centre.
Le spectacle. Devant un public, certains jouent. Posez une question qui appelle l'expérience plutôt que la position, et le ton change.
Le cercle extérieur oublié. Sans débriefing, la majorité du groupe a été spectatrice. Prévoyez toujours le temps de lui rendre la parole.
Variantes
Le bocal fermé, sans chaise vide, pour une conversation préparée entre représentants. Le bocal inversé, où ceux qui écoutent d'habitude, les équipes, parlent au centre et ceux qui décident écoutent autour. Ce dernier est souvent le plus puissant.
Vos questions
Ce qu'on nous demande sur ce sujet, et ce qu'on répond.
Qu'est-ce qu'un bocal en facilitation ?
Un format où quelques personnes discutent au centre de la salle pendant que les autres écoutent autour. Une chaise reste vide : qui veut entrer s'y assoit, et quelqu'un du centre sort. Il rend une conversation visible à tout un grand groupe.
À quoi sert la chaise vide ?
Elle permet à n'importe qui du cercle extérieur d'entrer dans la conversation, à condition que quelqu'un du centre sorte. Elle renouvelle les voix et empêche la discussion de rester entre les mêmes.
Qu'est-ce que le bocal inversé ?
Une variante où ceux qui écoutent d'habitude, les équipes, parlent au centre, et ceux qui décident écoutent en silence autour. C'est souvent la version la plus forte.
