À quoi ça sert
Dans les boîtes, on évalue rarement les réunions. On s'en plaint à la machine à café. Le ROTI ramène la plainte dans la salle, au moment où on peut encore en faire quelque chose.
Il sert à trois choses. Mesurer, séance après séance, si une réunion récurrente mérite son créneau. Recueillir en deux minutes des pistes d'amélioration concrètes. Et installer une habitude saine : le temps collectif a un coût, et on a le droit de le dire.
D'où ça vient
Le ROTI vient des pratiques agiles, où il clôt souvent les rétrospectives et les réunions d'équipe. Il appartient à la même famille que le poing à cinq, avec une différence de taille : le poing à cinq mesure l'adhésion à une proposition, le ROTI mesure la valeur de la séance.
L'échelle
- Un doigt : temps perdu, j'aurais mieux fait d'être ailleurs.
- Deux doigts : utile, mais moins que le temps passé.
- Trois doigts : j'en ai eu pour mon temps, ni plus ni moins.
- Quatre doigts : j'ai gagné plus que le temps investi.
- Cinq doigts : excellent, ça valait bien plus que ce temps.
Le trois est le pivot. En dessous, la séance a coûté plus qu'elle n'a rapporté. Affichez l'échelle sur la porte ou sur le dernier paperboard : elle doit être sous les yeux au moment du vote, pas expliquée de mémoire.
Quand l'utiliser, quand l'éviter
En fin de réunion d'équipe, de rétrospective, d'atelier. Surtout sur les réunions récurrentes : c'est la série qui donne la valeur. Un ROTI isolé est une photo. Dix ROTI sur la réunion du lundi racontent une histoire.
Évitez-le à la fin d'une séance lourde : un conflit dénoué, une annonce difficile. Demander « est-ce que ça valait le coup ? » à un groupe qui vient de vivre un moment pénible sonne faux. Préférez un tour de clôture. Évitez-le aussi quand le chef de service fait noter, devant son équipe, la séance qu'il a lui-même animée : les cinq pleuvront.
La consigne qui fait tout
Le ROTI ne vaut que par ce qui suit les doigts. Un chiffre seul ne vous apprend rien.
- « À trois, levez la main. Un, deux, trois. Ceux qui ont mis un ou deux : qu'est-ce qui aurait dû se passer pour que vous mettiez trois ? »
- « Ceux qui ont mis cinq : qu'est-ce qu'il faut absolument garder la prochaine fois ? »
- « Une phrase chacun, pas plus : ce qu'on change pour la prochaine réunion. »
Faites parler les notes basses en premier. Elles portent l'information. Les cinq viennent ensuite dire ce qu'il faut protéger.
Variantes
Le ROTI sur la porte. Un paperboard près de la sortie avec l'échelle. Chacun colle une gommette en sortant, et un post-it s'il veut. Anonyme, sans temps de plénière. Le ROTI suivi. Vous reportez la répartition de chaque séance d'une réunion récurrente sur un petit graphique affiché. Le groupe voit sa courbe, et elle fait parler. Le ROTI à distance. Chacun tape son chiffre dans la conversation au même signal. Deux minutes, caméras allumées ou non.Avec quoi le combiner
Il se place après un tour de clôture, ou à sa place quand le temps manque. Il nourrit la rétrospective suivante. Et quand les ROTI d'une réunion restent bas trois fois de suite, c'est le format entier qu'il faut revoir : relisez la fiche sur les réunions sans décision.