Le vote par gommettes, ou dot voting, fait prioriser un groupe en quelques minutes : chacun reçoit un nombre limité de gommettes et les colle sur les idées qu'il retient. C'est l'outil de convergence le plus simple, et il a un défaut que presque tout le monde ignore.
D'où ça vient
Il n'a pas d'inventeur identifié : c'est une pratique courante des ateliers de conception et de facilitation, présente dans la plupart des boîtes à outils. Sa force est d'être immédiatement compris par n'importe quel groupe.
Quand l'utiliser
Après une phase de divergence, quand il y a trop d'idées sur le mur et qu'il faut en garder quelques-unes. Pour donner une image rapide des préférences du groupe. Pour choisir les sujets à approfondir dans l'heure qui suit. C'est un outil de tri, pas de décision.
Quand ne pas l'utiliser
Quand l'enjeu est lourd et que la décision engage des ressources ou des personnes : un vote par gommettes donne une tendance, pas une décision légitime. Et quand les idées n'ont pas été clarifiées : on vote alors sur des mots, chacun y mettant autre chose.
Le déroulé
Les durées sont indicatives. C'est le groupe qui décide du rythme, pas le chronomètre.
Clarifier avant de voter. Chaque idée affichée doit être comprise de tous. Regroupez les doublons, reformulez les formules vagues. Cinq minutes ici évitent un vote sur des malentendus.
Fixer la règle. Nombre de gommettes par personne, le plus souvent trois à cinq, ou environ un tiers du nombre d'idées. Peut-on en mettre plusieurs sur la même idée ? Dites-le avant.
Voter en même temps. Tout le monde se lève et vote en même temps, ou vote d'abord sur papier puis reporte. C'est la règle qui protège du biais d'influence.
Lire le résultat ensemble. Pas seulement le classement : les idées sans aucune gommette, les votes dispersés, les idées qui divisent. Le résultat est un point de départ de discussion, pas une conclusion.
Les pièges
Le biais d'influence. Les premiers votants influencent tous les suivants : une idée qui a déjà trois gommettes en attire d'autres. Le directeur qui vote en premier fausse le résultat, même sans le vouloir. Faites voter en même temps, ou à l'aveugle.
Confondre tendance et décision. Le vote dit ce que le groupe préfère à cet instant, pas ce qui est juste ni ce qui est faisable. Présentez-le comme une étape, et dites qui décide ensuite.
Trop de gommettes. Avec dix gommettes pour quinze idées, tout le monde a une gommette partout et le résultat ne dit plus rien. La rareté fait le tri.
Variantes
Le vote à deux couleurs, une pour l'impact et une pour la faisabilité, prépare une matrice impact et effort. Le vote négatif, une gommette rouge pour ce qu'on ne veut surtout pas, révèle des oppositions que le vote positif cache. En ligne, la plupart des tableaux collaboratifs ont une fonction de vote masqué.
Vos questions
Ce qu'on nous demande sur ce sujet, et ce qu'on répond.
Qu'est-ce que le vote par gommettes ?
Un outil de priorisation où chaque participant reçoit un nombre limité de gommettes, souvent trois à cinq, et les colle sur les idées qu'il retient. Il donne en quelques minutes une image des préférences du groupe.
Combien de gommettes donner par personne ?
Trois à cinq, ou environ un tiers du nombre d'idées affichées. Trop de gommettes et tout le monde vote partout : le résultat ne dit plus rien. La rareté fait le tri.
Comment éviter que les premiers votants influencent les autres ?
En faisant voter tout le monde en même temps, ou d'abord sur papier puis en reportant. Le biais d'influence est le défaut principal de l'outil, et il se corrige facilement.
