Le brainstorming est le plus connu des outils de production d'idées, et le moins efficace dans sa forme habituelle : tout le monde parle en même temps, les idées des premiers orientent toutes les autres. Sa variante écrite, le brainwriting, corrige l'essentiel du problème.
D'où ça vient
Le mot et la méthode viennent d'Alex Osborn, publicitaire américain, qui les a popularisés dans les années 1940 et 1950 avec des règles simples : ne pas juger, viser la quantité, accepter les idées folles, rebondir sur celles des autres. Le brainwriting, dont la méthode 6-3-5 formalisée à la fin des années 1960 est la forme la plus connue, fait écrire les idées avant de les partager.
Quand l'utiliser
Pour ouvrir un sujet et produire beaucoup d'idées vite, quand on cherche des pistes et pas une solution. En début de phase de divergence, après avoir clarifié le problème. Le brainwriting, lui, s'impose dès que le groupe a des dominants, des timides, ou une hiérarchie présente.
Quand ne pas l'utiliser
Quand le problème n'est pas compris : on produit alors des solutions à un problème que personne n'a posé. Et quand le groupe a besoin de profondeur plutôt que de quantité : vingt idées superficielles ne valent pas trois idées travaillées.
Le déroulé
Les durées sont indicatives. C'est le groupe qui décide du rythme, pas le chronomètre.
Poser le problème. Une phrase claire, écrite en grand. « Comment pourrions-nous… » est une formule qui marche parce qu'elle ouvre sans orienter.
Écrire d'abord, seul. Trois à cinq minutes de silence, une idée par post-it. C'est le brainwriting, et c'est l'étape qui change tout : chacun produit avant d'être influencé.
Partager et afficher. Chacun lit ses idées et les colle au mur, sans commentaire ni débat. Les idées similaires se regroupent au fur et à mesure.
Rebondir. Un second tour, oral cette fois, pour les idées qui naissent de celles des autres. C'est là que le brainstorming classique retrouve son intérêt.
Regrouper. Le groupe organise le mur par familles. Le tri et le choix viennent après, dans une phase de convergence séparée.
Les pièges
Le brainstorming oral pur. Les idées des deux ou trois premiers orateurs cadrent tout le reste, les timides ne parlent pas, et on repart avec les idées de ceux qui parlent le plus. C'est un phénomène bien documenté : produire en parlant tous ensemble fait perdre des idées.
Juger en cours de route. « Ça, on a déjà essayé », « c'est trop cher ». Une seule phrase de ce genre, surtout d'un chef, et le groupe s'autocensure pour le reste de la séance.
S'arrêter à la liste. Un brainstorming qui s'arrête à un mur de post-it produit de l'intelligence collectée, pas collective. Il faut une suite.
Variantes
La méthode 6-3-5 : six personnes, trois idées chacune, cinq minutes, puis on passe sa feuille au voisin qui complète. Le brainstorming inversé : « comment pourrions-nous aggraver le problème ? », puis on retourne les idées. Et la version en ligne, où l'écriture silencieuse sur un tableau partagé fonctionne souvent mieux qu'en salle.
Vos questions
Ce qu'on nous demande sur ce sujet, et ce qu'on répond.
Quelle différence entre brainstorming et brainwriting ?
Le brainstorming produit les idées oralement, tous ensemble. Le brainwriting les fait d'abord écrire seul, en silence, avant de les partager. Il évite que les premières idées orientent toutes les autres et que les plus bavards dominent.
Quelles sont les règles du brainstorming ?
Ne pas juger pendant la production, viser la quantité, accepter les idées inhabituelles, rebondir sur celles des autres. Le tri et le choix se font après, dans une phase séparée.
Qu'est-ce que la méthode 6-3-5 ?
Une forme de brainwriting : six personnes écrivent trois idées en cinq minutes, puis passent leur feuille au voisin, qui complète. Après six tours, le groupe a produit une centaine d'idées sans que personne ait dominé.
