La méthode des six chapeaux fait regarder un sujet par tout le groupe, en même temps, sous un seul angle à la fois : les faits, puis les émotions, puis les risques, puis les bénéfices, puis les idées. Elle transforme un débat où chacun défend sa position en une exploration commune.
D'où ça vient
Elle a été proposée par Edward de Bono, dans un livre paru au milieu des années 1980. Son idée centrale est ce qu'il appelait la pensée parallèle : au lieu que chacun attaque l'avis de l'autre, tout le monde pense dans la même direction au même moment.
Quand l'utiliser
Quand une réunion tourne à l'affrontement entre les enthousiastes et les prudents. Pour examiner une proposition ou un projet sous tous ses angles avant de décider. Pour faire dire des choses qui ne se disent pas, les émotions notamment, en leur donnant un moment légitime. Avec des groupes de quatre à quinze personnes.
Quand ne pas l'utiliser
Pour produire beaucoup d'idées nouvelles : d'autres outils font mieux. Et avec un groupe qui n'accepte pas le jeu : la méthode repose sur une convention, et si le directeur refuse de mettre le chapeau rouge, elle ne fonctionne pas.
Le déroulé
Les durées sont indicatives. C'est le groupe qui décide du rythme, pas le chronomètre.
Présenter les six chapeaux. Blanc, les faits et les informations. Rouge, les émotions et l'intuition, sans justification. Noir, la prudence, les risques. Jaune, les bénéfices, l'optimisme argumenté. Vert, la créativité, les alternatives. Bleu, l'organisation de la pensée elle-même.
Choisir la séquence. Selon le but. Pour évaluer une proposition : bleu, blanc, jaune, noir, rouge, vert, bleu. Pour régler un problème : bleu, blanc, vert, jaune, noir, rouge, bleu. Le bleu ouvre et ferme toujours.
Un chapeau à la fois, pour tous. Tout le monde porte le même chapeau en même temps, deux à cinq minutes chacun. Le facilitateur tient le bleu et rappelle le chapeau en cours quand quelqu'un en sort.
Noter par chapeau. Une colonne par couleur au mur. On voit ce qui est riche, ce qui est pauvre, et souvent qu'on n'avait jamais parlé des faits ni des émotions.
Conclure en bleu. Qu'avons-nous appris ? Que décidons-nous, ou que devons-nous encore savoir ? La méthode prépare la décision, elle ne la prend pas.
Les pièges
Le chapeau noir en premier. Si l'on commence par les risques, le jaune n'a plus de place. Placez le noir après le jaune, pour que les bénéfices soient vraiment explorés.
Le rouge escamoté. C'est le chapeau qui gêne, donc celui qu'on raccourcit. C'est pourtant souvent lui qui explique pourquoi une réunion bloque. Trente secondes par personne, sans justification.
Chacun son chapeau. Distribuer les couleurs, l'un joue le noir, l'autre le jaune, recrée exactement l'affrontement que la méthode voulait éviter. Tout le monde porte le même, en même temps.
Variantes
La version courte, trois chapeaux seulement, blanc, jaune, noir, pour un examen rapide. La version individuelle, où chacun écrit seul sous chaque chapeau avant la mise en commun, qui marche bien avec des groupes où la parole est inégale.
Vos questions
Ce qu'on nous demande sur ce sujet, et ce qu'on répond.
Quels sont les six chapeaux de Bono ?
Blanc pour les faits, rouge pour les émotions, noir pour les risques, jaune pour les bénéfices, vert pour la créativité, bleu pour l'organisation de la réflexion. Tout le groupe porte le même chapeau au même moment.
À quoi sert la méthode des six chapeaux ?
À examiner un sujet ou une proposition sous tous ses angles sans que la réunion tourne à l'affrontement entre enthousiastes et prudents. Elle prépare une décision, elle ne la prend pas.
Dans quel ordre utiliser les chapeaux ?
Selon le but, mais le bleu ouvre et ferme toujours, et le noir vient de préférence après le jaune pour que les bénéfices soient explorés. Pour évaluer une proposition : bleu, blanc, jaune, noir, rouge, vert, bleu.
