La troïka met trois personnes autour du problème réel de l'une d'elles. Le « client » expose, les deux « consultants » posent des questions, puis se retournent et discutent entre eux comme s'il n'était pas là. Dix minutes par personne. C'est l'outil le plus simple pour faire s'entraider des pairs.
D'où ça vient
Elle fait partie des Liberating Structures, sous le nom de Troika Consulting. Comme le 1-2-4-Tous, elle cherche à remplacer un format habituel, ici la demande de conseil informelle ou le tour de table des problèmes, par une structure qui fait vraiment travailler.
Quand l'utiliser
Quand chacun dans un groupe a un problème à lui, une situation difficile, un blocage, et que les autres ont l'expérience pour aider. Dans une communauté de pratique, un groupe de managers, une formation. Pour ancrer un apprentissage sur des cas réels. En trios, avec autant de trios que nécessaire.
Quand ne pas l'utiliser
Quand les problèmes sont confidentiels ou touchent des personnes présentes. Et quand le groupe n'a pas encore assez de confiance : exposer un vrai problème devant deux collègues demande un minimum de sécurité.
Le déroulé
Les durées sont indicatives. C'est le groupe qui décide du rythme, pas le chronomètre.
Former les trios. Trois personnes, idéalement qui ne travaillent pas ensemble au quotidien. Chacun prépare en une minute le problème qu'il veut soumettre, et la question qu'il se pose.
Le client expose, 2 minutes. Il décrit la situation et sa question. Les consultants écoutent sans interrompre.
Les consultants questionnent, 2 minutes. Des questions de clarification, pas des conseils déguisés.
Le client se retourne, 4 minutes. Il tourne le dos aux deux autres, ou baisse les yeux, et écoute. Les consultants discutent entre eux de ce qu'ils ont compris, de ce qu'ils feraient, de ce qu'ils remarquent. C'est l'étape clé.
Le client revient, 2 minutes. Il dit ce qui l'a aidé, ce qu'il retient. Puis on change de client : trois tours, une demi-heure environ.
Les pièges
Le client qui répond. Pendant qu'il est dos tourné, il a envie de corriger, d'expliquer, de se défendre. Tout l'intérêt est qu'il ne le fasse pas : il entend ce qu'on ne lui dirait jamais en face.
Les conseils immédiats. Si les consultants donnent des solutions dès la phase de questions, le client se justifie et l'échange tourne court.
Des problèmes hypothétiques. « Imaginons que… » ne produit rien. Il faut un problème réel, actuel, que le client a vraiment.
Variantes
La troïka à quatre, avec un consultant de plus, quand le nombre de participants l'impose. Et une version plus longue, quinze minutes par client, pour des situations complexes, qui se rapproche du co-développement professionnel.
Vos questions
Ce qu'on nous demande sur ce sujet, et ce qu'on répond.
Qu'est-ce que la troïka en facilitation ?
Un format d'entraide à trois, issu des Liberating Structures : un client expose un problème réel, deux consultants le questionnent puis en discutent entre eux pendant que le client, dos tourné, écoute. Dix minutes par personne.
Pourquoi le client tourne-t-il le dos ?
Pour qu'il écoute sans pouvoir répondre, corriger ou se défendre. Les consultants parlent plus librement, et le client entend ce qu'on ne lui dirait jamais en face.
Quelle différence avec le co-développement ?
La troïka est plus courte et plus légère : dix minutes par personne, à trois. Le co-développement professionnel est un processus plus long et plus structuré, en groupe plus large, sur une seule situation à la fois.
