Le diamant de la participation décrit ce qui se passe réellement dans un groupe qui doit décider : il ouvre, il souffre, puis il ferme. La partie du milieu, que son auteur appelle la zone de grogne, est celle que tout le monde voudrait éviter. C'est pourtant là que se fabrique une décision qui tient.
D'où ça vient
Le modèle a été proposé par Sam Kaner et ses collègues dans un guide de la prise de décision participative paru au milieu des années 1990, devenu un classique des facilitateurs. Il est né d'une observation : les groupes qui décident bien ne suivent pas une ligne droite, ils traversent un inconfort, et ceux qui décident mal l'évitent.
Les trois temps
La divergence. Le groupe ouvre le sujet, sort des idées habituelles, fait apparaître des points de vue différents. C'est agréable, on produit, tout est possible.
La zone de grogne. Les points de vue se frottent. On ne se comprend pas, on s'agace, on a l'impression de tourner en rond. Certains disent « on perd du temps ». Le groupe cherche un cadre de référence commun, et ce travail est pénible.
La convergence. Une compréhension partagée émerge, les options se précisent, la décision devient possible. Elle arrive souvent plus vite qu'on ne le craignait, parce que le travail a été fait au milieu.
Pourquoi le milieu fait mal
Parce que c'est le moment où chacun doit renoncer à une partie de sa façon de voir pour construire quelque chose de commun. Personne n'aime ça. Le réflexe du groupe, et souvent du manager, est d'en sortir le plus vite possible : en votant, en laissant le chef trancher, ou en reportant.
Ce que fait le facilitateur
Il annonce la zone avant qu'elle arrive : « à un moment, ça va frotter, et c'est normal ». Il la tient, sans la raccourcir ni la laisser dégénérer. Il reformule, il fait écouter, il rend visibles les désaccords au lieu de les étouffer. Et il reconnaît le moment où le groupe est prêt à converger : pas avant, pas trop tard.
En un coup d'œil
Vos questions
Ce qu'on nous demande sur ce sujet, et ce qu'on répond.
Qu'est-ce que le diamant de la participation ?
Un modèle de la prise de décision en groupe, proposé par Sam Kaner, en trois temps : la divergence, où le groupe ouvre le sujet ; la zone de grogne, où les points de vue se frottent ; la convergence, jusqu'à la décision.
Qu'est-ce que la zone de grogne ?
Le moment inconfortable où les points de vue se confrontent et où le groupe a l'impression de tourner en rond. C'est là qu'il construit un cadre commun. L'éviter produit des décisions superficielles.
Que doit faire le facilitateur dans la zone de grogne ?
L'annoncer avant qu'elle arrive, la tenir sans la raccourcir ni la laisser dégénérer, faire écouter, rendre visibles les désaccords, et reconnaître le moment où le groupe est prêt à converger.
