À quoi ça sert
Vous connaissez l'autre méthode. « Qui est volontaire pour être référent ? » Silence. Regards sur la table. Au bout d'une minute, la même personne que d'habitude lève la main par politesse. Ou pire : deux candidats, un vote à main levée, et un perdant qui fait la tête pendant six mois.
L'élection sans candidat change trois choses. Le rôle est défini avant de parler des personnes. Les arguments sont entendus par tous, y compris par les personnes proposées. Et la décision finale se prend par consentement : on ne cherche pas le candidat parfait, on vérifie que personne n'a d'objection sérieuse.
D'où ça vient
C'est une pratique issue de la sociocratie, la méthode de gouvernance développée par Gerard Endenburg. On la retrouve dans la plupart des gouvernances partagées qui s'en inspirent.
Quand l'utiliser, et quand s'en passer
- Pour désigner un rôle interne : animateur de réunion, référent qualité, représentant auprès d'un autre service, secrétaire de séance.
- Quand un groupe veut sortir du « c'est toujours les mêmes ».
- Pour un rôle à durée limitée, qu'on rejouera à échéance.
À éviter pour un poste hiérarchique ou un recrutement : les enjeux de carrière, de rémunération et de droit du travail dépassent ce que l'outil peut porter. À éviter aussi dans un groupe en conflit ouvert : les arguments publics risquent de se transformer en règlements de comptes. Et si le manager a déjà choisi, ne faites pas semblant. Annoncez son choix.
Les consignes qui font tout
Le rôle doit être décrit avant tout : ce qu'il faut faire, pendant combien de temps, avec quelles qualités. Sans cette étape, les gens votent pour une personne qu'ils aiment, pas pour un rôle.
- Pour le bulletin : « Écrivez : je propose tel prénom, parce que... Signez. Le vote n'est pas secret, c'est ce qui le rend sérieux. »
- Pour le tour des changements : « Après avoir entendu les arguments, voulez-vous changer votre proposition ? Si oui, dites pourquoi. »
- Pour le consentement : « Voyez-vous une raison sérieuse, liée au rôle, pour laquelle cette personne ne devrait pas le tenir ? »
La personne proposée donne son consentement en dernier. Elle a entendu tout le reste. Elle peut encore dire non, ou poser une condition.
Variantes et combinaisons
Pour un petit rôle peu engageant, une version courte suffit : bulletins, un tour d'arguments, proposition, consentement. Vingt minutes. Pour un rôle important, prenez le temps du tour de changements et d'une vraie écoute des objections.
L'outil s'appuie sur la décision par consentement. Si le groupe ne l'a jamais pratiquée, faites-la d'abord sur une décision sans enjeu. Et pour choisir entre plusieurs modes de décision, retenez ceci : l'élection sans candidat choisit une personne, pas une option.